La condition d’ainé dans le divorce n’est pas à envier !

Votre enfant ainé n'est pas votre ami ni votre confident - 2houses

Souvent, on pense que l’enfant ainé est plus capable de comprendre et d’assumer les situations.

Hier, je lisais sur un forum une femme qui témoignait de comment elle avait mis son ainée dans la confidence de sa rencontre avec un homme. Elle racontait comment son ainée s’était sentie valorisée et avait facilité l’intégration de l’amoureux auprès des cadets ! Et bien, je dis à cette mère qu’elle s’est trompée. Sa fille n’est ni sa copine ni sa confidente. Elle ne doit pas non plus porter de secret et mettre en place des stratégies avec elle concernant sa vie amoureuse.

On peut décliner cette petite anecdote aux séparations/divorces. Nous savons tous qu’il est courant de voir l’ainé porter beaucoup.

Une patiente m’a racontée comment à l’ado, vers 15 ans, elle a du se mettre à pratiquer tel sport pour pouvoir observer son père et sa maitresse sous les ordres de sa mère. Une autre a promis à son père qu’elle cracherait sur son grand-père pour le venger.. Ou, avec des apparences moins graves, une autre de 5 ans prend régulièrement sa maman dans les bras dans l’espoir de la soulager de sa tristesse.

Le cadet, lui, est souvent plus protégé, par ses parents et par son ainé (justement !). Il n’a pas forcément une meilleure condition. Il se sent lésé. Il ne comprend pas pourquoi il n’a pas les mêmes privilèges que son ainé. Pourquoi, lui ne peut pas rester plus tard à écouter son parent ou à effectuer telle ou telle tache !

Mais, l’ainé, lui, prend tout dans la figure, en direct et sans protection.

Ne pas protéger l’ainé de l’histoire du divorce engendre chez eux :

  • Un sentiment fort de responsabilité quant à l’état de son ou ses parents. Le parent qui se confie à l’enfant ou qui lui  confère des privilèges, met l’enfant dans la position où il croit qu’il peut agir pour lui. L’enfant pense qu’il doit réussir des missions données ou imaginées. Il développe un sentiment d’échec alors même qu’il lui était impossible de réussir. L’enfant n’a pas les compétences, les moyens de soulager le parent ou de réussir ses missions.
  • Quelque soit son âge, il se sent responsable de protéger son cadet du conflit parental ou de l’état du parent  fragile. Dans le divorce, on peut voir, dans des cas graves, des dépressions, de l’alcoolisme, des crises… L’ainé apprend vite à protéger son cadet de ce qu’il observe et prend tout dans la figure. On voit aussi des enfants qui, témoin de disputes entre parents, se mettent entre les conflits et le cadet. Il tente de l’isoler au moment des passages chez l’un et l’autre. Ils ne racontent pas à leur cadet ce qu’ils voient ou entendent… Et ils finissent par s’isoler de la fratrie car ils ont le sentiment de ne plus être honnêtes avec eux. Ils s’isolent aussi car, grandissant trop vite, il existe à force un décalage entre l’ainé et le cadet.
  • Parallèlement, il peut s’en prendre à son cadet car il n’en peut plus de la situation, ou par jalousie du repos apparent de ses cadets. Pourquoi, eux, ont-ils le droit de ne pas tout se prendre dans la figure. Ils peuvent finir par être en colère contre le cadet qui peut rester un enfant alors que pas lui. On développe souvent à ces moments des jalousies maladives. Le cadet est jaloux des faveurs accordés par le ou les parents pendant que l’ainé observe et constate les bénéfices du dernier petit protégé. Chacun a le sentiment qu’il est lésé.
  • L’enfant développe une hyper-vigilance pour prévenir les dangers et qui l’éloigne de son état d’enfant. Il est tellement pris dans le conflit, des les tristesses adultes, dans les confidences,  – tellement en première ligne, qu’il se sent responsable de soulager ses parents, ses cadets. Il met alors en place un système d’hyper-vigilance pour pouvoir éviter les problèmes et les souffrances. C’est ainsi qu’on voit les enfants développer des angoisses puisqu’ils voient le danger partout. Ces enfants finissent par perdre de leur naïveté et devance tout. Ils s’épuisent à chercher la faille pour l’éviter ou résoudre le problème !
  • L’enfant manifeste un sentiment de loyauté / trahison très fort. Au lieu de regarder le monde à travers les yeux de la naïveté et de la simplicité, il le regarde avec le sentiment qu’il DOIT quelque chose. S’il a la chance d’avoir maman qui se confie à lui ou papa qui lui donne des missions, il lui doit bien quelque chose. Il se sent privilégié d’avoir gagné la confiance de son ou ses parents.  Or, cette confiance entraine ce sentiment de loyauté et de trahison fort. Et ces sentiments isolent l’enfant qui finira par développe un grand sentiment de solitude.
  • Il tend à faire des actes manqués pour se protéger. Ces actes manqués sont souvent perçus par les parents comme des preuves de trahison. Par ex, j’ai un petit bonhomme de 12 ans qui a oublié de faire signer son carnet par sa maman et qui se retrouve obligé de le faire par l’amoureux de sa mère. On se doute bien que le père sera furax ! Si on demande à l’enfant s’il l’a fait exprès, il répondra que non. Mais si on regarde l’histoire qu’il a avec son père, on comprend qu’il veut pouvoir se détacher des missions que celui-ci lui donne. En faisant cette erreur, il se donne inconsciemment le moyen de se décoller de son père qui critique en permanence sa maman et qui lui demande de participer !
  • Il peut se mettre à rejeter plus ou moins fortement l’autre parent pour s’assurer une sérénité (apparente) chez ce parent ! Un parent me donne de grands avantages en m’offrant ses confidences, ses pleurs et ses secrets. Ce parent en me permettant de me coucher plus tard, en me prenant pour un adulte, en allant au resto avec moi, …. me donne un sentiment d’être unique. Mais cela a un prix : la loyauté. Pour pouvoir continuer à bénéficier de ces privilèges, je vais devoir accepter de rejeter ou au moins critiquer mon autre parent. Ou seulement dire que c’est moins bien !

La condition d’ainé n’est décidément pas à envier dans le divorce/ séparation. Je dirai surtout qu’il ne faut jamais mêler aucun enfant au conflit, même à 20 ans !

Je finirai en disant que l’une des erreurs des parents et des JAF, est de statuer sur un droit de visite et d’hébergement libre. L’ainé, quand il n’a pas pu se protéger ou quand il a été pris dans les griffes de colère ou de tristesse d’un parent, n’est plus en mesure de dire librement qu’il souhaite aller chez son autre parent.

Je comprends sincèrement le dilemme des JAF qui entendent un enfant refuser d’aller voir un parent. Cet enfant est-il libre de sa pensée ou existe-t-il un réel conflit ? Parfois, le JAF tombera juste en acceptant ou refusant le DVH libre, parfois il mettra l’enfant dans une situation impossible !

Et si dans un monde idéal, un divorce n’était pas l’occasion de se déchirer ?

par Elodie CINGAL

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